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Facebook, Google, IBM, Samsung... : leur plan dans l'IA à Paris

Facebook, Fujitsu...

Facebook, Fujitsu, et maintenant Google, IBM et Samsung. Attirés par les talents scientifiques locaux et la prestigieuse école de mathématiques hexagonale, ces géants informatiques investissent tous dans des équipes de R&D françaises en intelligence artificielle. Tous ont choisi la région parisienne pour installer leur plateforme.

   

Premier à s'être lancé (dès 2015), Facebook a retenu Paris pour implanter l'un de ses quatre laboratoires de recherche fondamentale en IA (les trois autres étant situés à Menlo Park en Californie, à New York et à Montréal). Sur les quelque 160 chercheurs et ingénieurs que compte Facebook sur ce terrain, la capitale française en accueille 40, un effectif qui devrait passer 100 d'ici 2022. Ils se répartissent entre 30 permanents et une dizaine de doctorants (à mi-temps). Sous convention Cifre, ces derniers sont issus de diverses structures de formation (CNRS, Ecole des Ponts, universités du Mans, Dauphine...). "Nous avons annoncé en janvier 2018 une enveloppe de 10 millions d'euros pour financer des Cifre et soutenir des projets de recherche publique menés en lien avec l'Inria", rappelle Antoine Bordes, responsable de l'AI Research Paris Lab de Facebook. Composé principalement de Français, le centre compte au total une douzaine de nationalités.

   

Les domaines couverts par l'AI Research Paris Lab sont variés. "Nous travaillons par exemple sur la reconnaissance vidéo de silhouette pour changer virtuellement les vêtements d'une personne filmée. Dans un tout autre domaine, nous développons un bot conçu pour jouer à StarCraft via l'apprentissage par renforcement", détaille Antoine Bordes. "Plus globalement, nous tentons de résoudre l'une des principales limites du machine learning : les gros volumes d'exemples dont un ordinateur a besoin pour apprendre." Reste que les résultats du centre se retrouvent rarement intégrés aux produits de l'entreprise. "Nous avons aux Etats-Unis un laboratoire d'IA appliquée qui, lui, est plus proche des équipes produits. Pour autant, les techniques de classification automatique de texte que nous avons mises au point à Paris sont par exemple utilisées par Facebook pour détecter les contenus inappropriés", révèle Antoine Bordes.

  

Dans le sillage de Facebook, Fujitsu a inauguré sa R&D en France en septembre 2017. Egalement partenaire de l'Inria, elle est hébergée sur le campus de l'école Polytechnique à Saclay. Une quinzaine d'experts en IA y ont été recrutés depuis son ouverture. "Cela devrait suivre la même dynamique dans les mois à venir, en fonction de l'avancée des projets lancés et du développement du centre à l'échelle européenne", précise un porte-parole. Déjà investi sur une trentaine de projets, le centre planche notamment sur "les usages vidéos au service du commerce de détail et de l'industrie". Autre chantier en ligne de mire : la création d'une solution d'IA dans la sécurité des réseaux bancaires. Un projet pour lequel Fujitsu a décroché le soutien de l'UE dans le cadre du programme de recherche européen "Horizon 2020".

   

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